Woody Allen
Posté le 21.11.2006 par Pascal Schlaefli
en 1976, Woody Allen accepte de tourner comme simple acteur dans le film "The Front" de Martin Ritt.
pourquoi a-t-il tourné dans ce film alors qu'il avait déclaré dès la fin des années 60 qu'il ne tournerait plus que dans des films dont il aurait le contrôle?
peut-être que le sujet du film (le macarthysme dans les années 50) l'a-t-il touché, ou a-t-il voulu se tester dans un film dramatique, ou préparer le public à son virage à 90°?
toujours est-il que Woody Allen surprend son monde dans ce film même si il joue le personnage de Howard Prince avec beaucoup de légèreté et d'humour.
THE FRONT
(titre français : "Le Prête-Nom")
réalisé par : Martin Ritt
écrit par : Walter Bernstein
CAST :
Woody Allen (Howard Prince)
Zero Mostel (Hecky Brown)
Michael Murphy (Alfred Miller)
Andrea Marcovicci (Florence Barrett)
Herschel Bernardi (Phil Sussman)
Remak Ramssay (Hennessy)
Danny Aiello (Danny Lagutta)
Lloyd Gough (Delaney)
David Margulies (Phelps)
HISTOIRE :
Alfred Miller est un auteur à succès pour la télévision. ayant des amitiés communistes, il est blacklisté par le comité anti-communiste et ne trouve plus de travail.
il propose à son ami Howard Prince de publier des scripts sous son nom.
ce dernier devient vite une star en offrant à la télévision des scénarios de grande qualité et accepte d'aider deux autres auteurs communistes eux aussi blacklistés.
la star de la chaine Hecky Brown, ayant eu des amitiés communistes dans son passé, est lui aussi sur liste noire et reçoit l'offre du comité d'espionner Prince.
celui-ci accepte, mais bientôt, par amité pour Prince et surtout parce qu'il n'arrive plus à faire vivre sa famille, se suicide.
Prince de par son amitié pour Brown et pour Miller finira aussi par être questionné devant le comité.
ANALYSE :
d'abord une précision importante, le réalisateur Martin Ritt, l'auteur Walter Bernstein et les acteurs Zero Mostel et Herschel Bernardi ont été blacklistés au début des années 50 à Hollywood.
ce film est donc une mise au point sur une période trouble des Etats-Unis, écrit et joué par des gens qui ont subi ces événements.
malgré un sujet grave, le film manque de mordant ce qui l'empêche d'atteindre son but et d'être réellement un film choc. le personnage tragique d'Hecky Brown est pourtant d'un réalisme saisissant et nous fait comprendre toute la stupidité de cette politique qui cherchait à éradiquer toute subversion politique dans le milieu de l'entertainment, et les drames que cela a provoqué.
Woody Allen joue son personnage de façon assez légère, amenant quelques touches d'humour et élargissant sa palette d'acteur sans toutefois sortir complètement de son style habituel.
l'auteur Walter Bernstein fera une petite apparition furtive dans "Annie Hall".
on retrouvera Michael Murphy dans "Manhattan" et Danny Aiello dans "Purple Rose Of Cairo" et "Radio Days". il aurait dû jouer également dans "Annie Hall" mais sa scène fut coupée au montage.
il apparait également (sans être crédité) dans "Broadway Danny Rose".
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Posté le 24.11.2006 par Pascal Schlaefli
"I met my old lover on the street last night, she seemed so glad to see me I just smiled, and we talked about some old times and we drank ourselves some beers, still crazy after all these years"
(Paul Simon, 1975)
je ne sais pas si Woody Allen s'est inspiré de cette chanson, mais chaque fois que je l'entends, je pense à la fin d'Annie Hall.
le fait que Paul Simon, autre juif New-Yorkais, fasse ses débuts d'acteur dans ce film n'est peut-être pas dû au hasard, qui sait?
ce film est d'une modernité et d'une audace incroyable, mélange savant d'humour et d'émotion et a influencé bien plus de séries télés ("Friends" et "Sex & The City" entre autres) et de comédies romantiques ("When Harry Met Sally" copier-coller réussi d'"Annie Hall" et de "Manhattan") que l'on peut penser.
"Annie Hall" n'est pas tant un film autobiographique sur la relation Allen-Keaton (même si Diane Keaton s'appelle en réalité Diane Hall), qu'un melting-pot mélangeant réalité et fantasmes.
la jeunesse d'Alvy Singer (même si elle rappelle un peu le film "Radio Days") n'est pas conforme à la réalité, ni ses deux ex-femmes qui ne rappellent en rien Harlene Rosen ni Louisse Lasser.
d'ailleurs il discute de l'assassinat de JF Kennedy avec sa première femme alors que dans la réalité il avait déjà divorcé d'Harlene depuis plus d'un an.
que rajouter sinon que Diane Keaton est sublime dans ce film, que Woody Allen signe sa première comédie romantique, et qu'il aligne pour la première fois un cast de stars, même si certains d'entre eux ne deviendront connus que quelques années plus tard.
Diane Keaton chante deux titres dans ce film "it had to be you" repris dans "When Harry Met Sally" (ben voyons) et "seems like old times".
ANNIE HALL
réalisé par : Woody Allen
écrit par : Woody Allen et Marshall Brickman
CAST :
Woody Allen (Alvy Singer)
Diane Keaton (Annie Hall)
Tony Roberts (Rob)
Carol Kane (Allison)
Paul Simon (Tony Lacey)
Shelley Duvall (Pam)
Janet Margolin (Robin)
Colleen Dewhurst (Mrs. Hall)
Christopher Walker (Duane Hall)
Jonathan Munk (Alvy Singer jeune)
apparitions furtives :
Marshall McLuhan (lui même)
Truman Capote (l'imitateur de Truman Capote)
Jeff Goldblum (invité de Tony Lacey)
Beverly D'Angelo (actrice)
Sigourney Weaver (rendez-vous d'Alvy Singer devant le cinéma)
Walter Bernstein (rendez-vous d'Annie Hall devant le cinéma)
HISTOIRE :
alors qu'il atteint la quarantaine, le comédien Alvy Singer fait le bilan de sa relation tumultueuse avec Annie Hall et revisite les moments forts de sa vie.
ANALYSE :
attention CHEF D'OEUVRE, le meilleur film de Woody Allen, mon préféré en tout cas.
4 oscars dont celui du meilleur film, battant "Star Wars" par la même occasion.
trois points forts dans ce film : DIANE KEATON, DIANE KEATON et DIANE KEATON.
Allen et Brickman avaient écrit au départ une histoire de meurtre se mélangeant à une histoire d'amour.
lors de la réécriture du script, il fut décidé de mettre de côté l'histoire du meurtre qui fut déterrée en 1993 pour donner "Manhattan Murder Mystery" qui permit les retrouvailles à l'écran de Woody Allen et de Diane Keaton.
la fin du film, quand Alvy Singer réalise qu'il a perdu l'amour de sa vie mais qu'il a gagné une amie fidèle est un grand moment d'émotion et reste l'une de ses fins les plus réussies.
phrases extraites du film:
(Alvy Singer)-my grammy never gave gifts. she was too busy getting raped by cossacks.
(Alvy Singer au milieu d'une dispute avec Annie)-.....it's all mental masturbation.
(Annie Hall)-now we're finally getting to a subject you know something about!
(Alvy Singer)-hey don't knock masturbation, it's sex with someone I love!
(psychanaliste)-dou you have sex often?
(Alvy Singer)-hardly ever. maybe 3 times a week.
(Annie Hall)-constantly, I'd say 3 times a week.
(Annie Hall visitant Beverly Hills)-it's so clean out here.
(Alvy Singer)-yeah, that's because they don't throw their garbage away, they turn it into TV shows.
Posté le 28.11.2006 par Pascal Schlaefli
après le succès tant critique que populaire d'"Annie Hall", tout le monde s'attend à une suite dans le même style.
la suite, Woody Allen la prépare déjà, pas une suite dans le sens épisodique, mais une nouvelle comédie romantique incluant Woody Allen et Diane Keaton se passant à New York.
cette suite sera "Manhattan", mais Woody Allen avant de s'atteler vraiment à ce film va démarrer un nouveau projet qui va surprendre fans comme critiques :
une histoire de famille tragique, sans le moindre humour, dans un style très européen (Bergman ou Truffaut par ex.) et surtout sans sa présence charismatique.
on appelle ça un suicide artistique.
avec ce film, Woody Allen espère bien convaincre (et se convaincre) qu'il peut faire des films sérieux et réussir.
si "Interiors" est un passage obligé de sa carrière, un véritable coup de rasoir à son passé de comique, et si je le trouve effectivement très réussi, le film fut un échec commercial, l'un des plus gros flop de sa carrière, est généralement détesté des fans et largement sous-estimé.
j'avoue que lors de la première vision, j'ai détesté ce film, mais il mérite d'être vu et revu pour être pleinement apprécié.
INTERIORS
(titre français "Intérieurs")
réalisé par : Woody Allen
écrit par : Woody Allen
CAST :
Geraldine Page (Eve)
EG Marshall (Arthur)
Maureen Stapleton (Pearl)
Diane Keaton (Renata)
Richard Jordan (Frederick)
Mary Beth Hurt (Joey)
Sam Waterston (Mike)
Kristin Griffith (Flyn)
HISTOIRE :
Eve est une décoratrice d'intérieurs de grande renommée.
son mari, Arthur, lui doit sa carrière et elle mets en place dans sa vie comme dans sa maison un ordre où les couleurs et les sentiments n'ont pas leur place.
Arthur et Eve ont trois filles, Renata, écrivain à succès, qui a épousé Frederick, également écrivain mais sans succès.
Joey, la 2e des filles, ne semble pas avoir de talents particuliers. elle a épousé Mike, journaliste politique, mais a toutes les peines du monde à trouver sa voie.
la 3e fille, Flyn est actrice et tourne principalement dans des navets.
le monde parfait que s'est créé Eve s'écroule lorsque Arthur lui annonce qu'il veut divorcer.
son monde intérieur s'écroule en même temps et elle tombe dans une violente dépréssion.
Arthur présente sa nouvelle femme à ses enfants, Pearl : gaie, vive, peu intelligente ni cultivée, si elle a de la peine à suivre les conversations de la famille, elle réussit à charmer tout le monde par sa bonne humeur et son bon sens.
au grand désespoir de Joey, tout le monde semble l'aimer, et le couple décide de se marier dans l'ancienne maison d'Eve et d'Arthur au bord de la plage.
témoin secret de la fête, Eve finit par se suicider, entrainant Joey avec elle, sauvée de justesse par Mike et réanimée par Pearl.
ANALYSE :
un film difficile d'accès, douloureux, mais qui vaut la peine que l'on s'y accroche car il s'agit d'un très bon Woody Allen.
le code des couleurs est l'une des premières choses qui m'ont plu.
dans la première partie, sous la domination d'Eve, tout est gris ou beige, neutre, pâle, glacial.
les personnages parlent un jargon d'intellos New-Yorkais peu sympathique.
Renata et Frederick vivent difficilement leur vie de couple, Frederick souffrant de son manque de succès face à Renata, quand à Joey et Mike leurs problèmes viennent surtout d'Eve et de sa domination esthétique difficilement supportable.
dans la 2e partie, quand Pearl arrive, les couleurs et les sentiments débarquent avec elle.
elle a une chevelure rousse, elle s'habille de manière vulgaire en rouge pétant, et jure dans ce monde glacial imposé par Eve.
cette femme flamboyante tant dans la parole que dans l'apparence est synonyme de vie et redonne même la vie à une Joey prête à suivre sa mère dans son destin funeste.
un film à redécouvrir.
on retrouvera l'excellent Sam Waterston dans un autre drame Allénien "September" en 1987, et dans "Hannah And Her Sisters" sans qu'il soit crédité.
je trouve des points communs troublants entre "Interiors" et "Hanging Up/Raccroche" de Diane Keaton (2000) dans lequel trois soeurs se retrouvent alors que leur père est à l'hopital.
le film vient d'un roman de Delia Ephron (soeur de Nora Ephron, qui est responsable du "When Harry Met Sally", film que j'aime beaucoup mais qui est un copier-coller des films romantiques "Annie Hall"-"Manhattan".)
le film est écrit par Delia et Nora Ephron et réalisé par Diane Keaton.
Diane Keaton joue Georgia, femme d'affaires à succès, Meg Ryan ("When Harry Met Sally" et les autres films de Nora Ephron comme "Sleepless In Seattle" ou "You've Got Mail" que j'adore également) joue Eve (ben voyons) partagée entre son travail, son couple et ses enfants, et Lisa Kudrow ("Friends") qui joue Maddy, jeune actrice de cinéma (ben voyons chapitre 2 le retour).
avec autant de talents (j'adore les trois actrices) je m'attendais à beaucoup mieux.
malheureusement ce film est un gâchis (à part la bande son, exceptionnelle), mauvais scénario, pas d'humour (c'est quand même supposé être une comédie), une perte de temps, de talents et d'argent.
un film à ne pas découvrir!!!
Posté le 01.12.2006 par Pascal Schlaefli
Isaac : "Chapter One : He Adored New York City"
ainsi débute l'un des plus grands chefs-d'oeuvre de Woody Allen.
rajoutez à cela le "rhapsody in blue" de George Gershwin et des prises de vues magnifiques de Manhattan en noir et blanc et cinémascope, et vous aurez peut-être une idée de la magnificence de ce film.
même si je préfère "Annie Hall", "Manhattan" a une place à part dans la filmographie de Woody Allen et est souvent considéré comme son meilleur film, et l'un des meilleurs films des années 70.
MANHATTAN
réalisé par : Woody Allen
écrit par : Woody Allen & Marshall Brickman
CAST :
Woody Allen (Isaac Davies)
Diane Keaton (Mary)
Mariel Hemingway (Tracy)
Michael Murphy (Yale)
Meryl Streep (Jill)
Anne Byrne (Emily)
Karen Ludwig (Connie)
Michael O'Donoghue (Dennis)
Jeremiah (Wallace Shawn)
HISTOIRE :
Isaac Davies, 42 ans, vit une histoire d'amour inconfortable avec une étudiante de 17 ans, Tracy qui est folle amoureuse de lui.
ses meilleurs amis, Yale et Emily, semblent être un couple modèle, mais Yale trompe Emily avec Mary, intellectuelle et critique d'art.
la première rencontre entre Isaac et Mary est plutôt houleuse, mais Isaac tombe bientôt amoureux de la maîtresse de son meilleur ami.
c'est à ce moment que son ex-femme Jill, vivant avec une autre femme Connie et élevant leur fils, décide d'écrire un livre sur leur histoire, ce qui met Isaac très mal à l'aise.
considérant leur relation comme malsaine, Yale et Mary se séparent, d'autant plus que Mary est elle aussi tombée amoureuse d'Isaac.
Isaac se sépare de Tracy, la poussant à partir étudier l'art dramatique à Londres.
Isaac et Mary débutent une relation amoureuse, mais Yale est toujours amoureux de Mary, et demande le divorce à Emily.
Mary, quitte Isaac pour Yale dont elle est toujours amoureuse.
Isaac réalise un peu tard qu'il s'est trompé et regrette d'avoir laissé partir Tracy.
ANALYSE :
on parle souvent de "Manhattan" comme d'une carte postale sur New York ce qui est à la fois terriblement juste et terriblement réducteur.
c'est avant tout une comédie romantique, flirtant parfois avec la tragédie, et dans laquelle Woody Allen fait ce qu'il sait mieux faire que n'importe qui : explorer les sentiments humains à travers des personnages originaux.
Isaac est un égocentrique voire même égoiste, idem pour son meilleur ami Yale, Mary est psychologiquement instable, éternelle insatisfaite, elle tombe amoureuse tour à tour de Yale, puis d'Isaac, avant de retomber dans les bras de Yale, brisant l'amitié solide qui les unissait.
Mariel Hemingway est la véritable découverte de ce film. son personnage, Tracy, est unique : douce, candide, intelligente et cultivée, il lui manque pourtant la maturité pour exister pleinement dans ce monde sans pitié de l'intelligentsia New Yorkaise.
la scène où Isaac lui annonce qu'il la quitte pour une autre femme est un véritable crève-coeur et Mariel joue cette scène avec une sensibilité et une justesse étonnante.
on retrouvera Wallace Shawn, qui joue le petit rôle de Jeremiah dans "Radio Days".
parmi les petits rôles et apparitions furtives, notons Tisa Farrow, la soeur de Mia Farrow et Karen Allen ("Raiders Of The Lost Ark").
on retrouvera Mariel Hemingway dans "Deconstructing Harry" en 1997.
disons au revoir à Diane Keaton qui quitte l'univers de Woody Allen afin d'élargir sa palette d'actrice, mais que l'on retrouvera dans "Radio Days", et surtout dans "Manhattan Murder Mystery" ou elle retrouve enfin un personnage proche de celui d'Annie Hall.
Tracy: "you have to have a little faith in people"
ainsi se termine l'un des plus grands chefs-d'oeuvre de Woody Allen.
rajoutez à cela le "rhapsody in blue" de George Gershwin et le visage souriant d'Isaac réalisant qu'elle est finalement la plus mature des deux et vous aurez peut-être une idée de la magnificence de ce film.
Posté le 05.12.2006 par Pascal Schlaefli
en 1980, sortie d'un troisième recueil de textes "Side Effects" traduit en français sous le titre "Destins Tordus".
toujours en 1980, début de sa relation de 12 ans avec l'actrice Mia Farrow, mariée précédemment à Frank Sinatra et Andre Prévin avec qui elle aura trois enfants, et en adoptera trois autres, dont Soon-Yi Prévin, née en 1970 en Corée.
avec Woody Allen, elle va adopter Dylan et Moses Farrow et en 1987 lui donner un fils, Satchel Farrow (maintenant nommé Ronan Seamus).
de retour en 1980, Woody Allen sort l'un de ses films les plus controversés, "Stardust Memories" qui tend un miroir à son public, c'est à dire nous, êtres effrayants, grotesques et menaçants, lui posant sempiternellement les mêmes questions idiotes et lui répètant à outrance que ses premiers films comiques étaient ses meilleurs.
si vous pensez que c'est trop éloigné de la réalité, regardez le documentaire "Wild Man Blues" et vous comprendrez le réalisme de ce film.
c'est peut être la raison pour laquelle les fans sont divisés sur ce film (on aime ou on n'aime pas mais ce film ne laisse pas indifférent), il nous force à nous poser la question : "comment serais-je et quelle réaction aurais-je face à mon idole?".
Woody Allen se fait également prophétique : vers la fin du film, un fan s'approche de lui et lui tire dessus.
quelque mois plus tard, à Central Park, John Lennon sera assassiné de la même manière par un fan à qui il avait signé un autographe quelques heures plus tôt.
STARDUST MEMORIES
réalisé par : Woody Allen
écrit par : Woody Allen
CAST :
Woody Allen (Sandy Bates)
Charlotte Rampling (Dorrie)
Jessica Harper (Daisy)
Marie Christine Barrault (Isobel)
Tony Roberts (Tony)
apparitions :
Sharon Stone (fille dans le train)
Louise Lasser (secrétaire de Sandy)
HISTOIRE :
le comédien Sandy Bates a bien du mal à faire accepter aux dirigeants du studio son nouveau film, qui est un drame, alors que tout le monde préférerait qu'il continue dans la comédie.
il est invité dans une convention à l'hotel Stardust, où pendant trois jours ses vieux films vont être rediffusés, lui permettant de rencontrer et répondre aux questions de ses fans.
il en profite pour faire un point sur sa vie affective.
il pense encore beaucoup à Dorrie, le plus grand amour de sa vie, qui vient de le quitter, reçoit la visite de sa nouvelle femme Isobel et de ses deux enfants, mais Sandy semble avoir déjà dépassé cette relation et s'intéresse à une jeune violoniste, Daisy, qui semble avoir beaucoup de points communs avec Dorrie.
ANALYSE :
un film majeur dans la carrière de Woody Allen.
tourné en noir et blanc, et suivant un peu le style narratif d'"Annie Hall", le film comprend plusieurs niveaux.
1er plan : la réalité. Sandy Bates tente d'imposer un film sérieux à sa production et doit affronter ses fans et son passé à l'hotel Stardust.
2e plan : les flashbacks. l'histoire chaotique mais passionnée avec Dorrie.
3e plan : les extraits de ses anciens films.
4e plan : ses visions, fantasmes, rêves.
pour corser le tout la dernière partie du film mélange réalité, flashbacks, extraits de films et fantasmes.
on a tendance en parlant de "Stardust Memories" à parler de film auto-biographique, ce que Woody Allen nie catégoriquement.
il est clair que le personnage d'Isobel et ses deux enfants font penser à Mia Farrow qui débarque dans sa vie à l'époque, mais comme d'habitude chez Woody Allen il faut essayer de faire la différence entre la réalité et son imagination.
on peut voir dans ce film de nombreuses allusions au cinéma italien, le passage dans le train fait penser à "Huit Et Demi" de Fellini. plus tard, Sandy et Daisy vont voir "le voleur de bicyclettes".
allusions aux Marx Brothers : dans son appartement à New York figure un poster géant représentant Groucho dans "A Night At The Opera" (merci Mathieu).
à son arrivée au Stardust, on lui présente une cinéphile qui écrit une étude sur la filmographie de Gummo Marx, le seul Marx à n'avoir jamais tourné de films.
"Stardust Memories" est le premier film de Sharon Stone, même si elle n'a aucun texte à dire.
elle retrouvera Woody Allen dans "Antz".
c'est également le dernier film avec Louise Lasser, qui apparait au début du film sans être créditée.
extraits du film :
(Sandy)- you can't control life. it doesn't wind up perfectly. only art you can control. art and masturbation. two areas in which I am an absolute expert.
(Sandy)-it's crazy. the town is jammed. I don't know, is the Pope in town, or some other show business figure?
(Sam)-I had two heart attacks before I got the bicycle.
(Sandy)-And since then?
(Sam)-I also had two.
(fan)-What have you got against intellectuals?
(Sandy)-Intellectuals? nothing, why?
(fan)-Mr. Bates, I've seen all your films. you really feel threatened by them.
(Sandy)-threatened? you're kidding me. I've always said they're like the mafia. they only kill their own.
Posté le 08.12.2006 par Pascal Schlaefli
en 1981, Woody Allen crée sa 3e pièce de théatre, "The Floating Lightbulb", l'histoire d'un jeune garçon gravement malade particulièrement doué pour les tours de magie, pièce à laquelle participe l'acteur Danny Aiello.
malheureusement, les critiques ne seront pas tendres avec cette pièce qui ne sera pas adaptée au cinéma (ou pas encore).
en 1982, Woody Allen prépare activement son prochain film "Zelig" faux documentaire sur un homme-caméléon.
mais alors que le film est en pleine préproduction, Woody Allen écrit en deux semaines à peine le script d'un autre film qui sera tourné avant "Zelig".
Woody Allen va surprendre tout le monde avec ce film, véritable ode à la campagne et aux forêts.
A MIDSUMMER NIGHT'S SEX COMEDY
(titre français : Comédie Erotique d'Une Nuit d'Eté)
réalisé par : Woody Allen
écrit par : Woody Allen
CAST :
Woody Allen (Andrew)
Mia Farrow (Ariel)
Mary Steenburgen (Adrian)
Jose Ferrer (Leopold)
Tony Roberts (Maxwell)
Julie Hagerty (Dulcy)
HISTOIRE :
au début du 20e siècle, dans leur petite maison de campagne, Andrew et Adrian se préparent à recevoir leurs amis pour le week-end.
Andrew, conseiller financier à New York et inventeur farfelu à ses heures perdues est marié à Adrian.
Adrian aime Andrew passionnément mais connaît des problèmes de frigidité depuis quelques mois.
Leopold est un vieux professeur de renom et se prépare à épouser la belle Ariel.
Ariel est bien évidemment amoureuse de Leopold, mais retrouver Andrew n'est pas chose facile, car Andrew fut un amour de jeunesse, amour que ni lui ni elle n'ont réussi à oublier.
Maxwell, le meilleur ami d'Andrew est docteur et coureur de jupons.
il amène avec lui Dulcy, jeune infirmière plutot portée sur la chose.
Max tombe immédiatement amoureux d'Ariel ce qui pose un problème entre les deux amis, tandis qu'Ariel encore amoureuse d'Andrew se demande si elle a bien fait d'accepter d'épouser Leopold.
ANALYSE :
un film vraiment étonnant à défaut d'être complétement réussi.
on se croirait dans un tableau impressioniste avec ses scènes pastorales, et la musique de Mendelssohn.
premier film avec Mia Farrow qui est d'une très grande beauté dans ce film.
Julie Hagerty est plus connue pour être l'hotesse de l'air de "Y a t'il un pilote dans l'avion" et n'a pas connu de très grande carrière, idem pour Mary Steenburgen que j'appréciais énormément à l'époque mais qui n'a jamais eu de grand rôle (à voir dans "Back To The Future III", "Philadelphia" ou "What's Eating Gilbert Grape")
on retrouve le duo Allen-Roberts qui marche à merveille.
pour la première fois, Woody Allen n'est pas la star du film, mais fait partie d'un ensemble, comme il le fera encore pour "Hannah & Her Sisters" ou "Everyone Says I Love You".
un petit mot sur Mia Farrow : si Diane Keaton (que j'adore) fait toujours du Diane Keaton, Mia Farrow va chaque fois (ou presque) interprêter un personnage différent et nous révéler son talent immense.
en bref : un film qui est loin d'être passionnant, mais qui possède un charme unique.
Posté le 11.12.2006 par Pascal Schlaefli
en 1983, le film "Zelig" relance la carrière de Woody Allen, ses deux derniers films ayant été systématiquement boudés par le public comme par les critiques, et marque le début d'un nouvel âge d'or dans sa carrière.
"Zelig" fait partie d'un genre que Woody Allen affectionne particulièrement, les faux documentaires, ou comme on dit aux Etats-Unis les "mockumentary".
l'histoire se passant dans les années 1920 et 30, le tour de force de ce film est d'avoir mélangé films d'archives et images actuelles, et d'avoir recréé des chansons et des films d'époque, comme toutes ces chansons hilarantes sur l'homme-caméléon.
la réussite technique de ce film est d'autant plus méritoire que nous sommes loin de l'époque du numérique.
ZELIG
réalisé par : Woody Allen
écrit par : Woody Allen
CAST :
Woody Allen (Leonard Zelig)
Mia Farrow (Dr. Eudora Fletcher)
Patrick Horgan (le narrateur)
Mary Louise Wilson (Ruth Zelig)
Ellen Garrison (Dr. Eudora Fletcher actuelle)
Stephanie Farrow (Meryl Fletcher)
HISTOIRE :
l'histoire de Leonard Zelig, le célèbre homme-caméléon, capable de prendre l'apparence des gens qui l'entourent.
les docteurs et scientifiques vont se montrer impuissants face à cet homme aux multiples personnalités.
seule la psychiatre Eudora Fletcher va tenter de comprendre Zelig et réussir à le guérir .
Eudora et Leonard vont même tomber amoureux, mais tandis que leur mariage est annoncé, le passé trouble de Zelig va refaire surface et mettre en danger sa personalité encore instable.
ANALYSE :
un chef d'oeuvre qui doit autant aux trucages qu'à l'histoire ou aux acteurs.
un grand bravo à Dick Hyman pour la musique et les chansons géniales comme "do the chameleon" ou "reptile eyes".
derrière le comique de l'histoire, se cache encore une fois une vraie question :
jusqu'où sommes nous prêts à changer afin d'être acceptés par les autres?
et surtout : quelle part de notre personnalité nous est propre et quelle part est empruntée à d'autres?
la célèbre phrase de Woody Allen souvent reprise "mon seul regret c'est de ne pas être né quelqu'un d'autre" prends toute sa force dans ce film.
petite apparition de Stephanie Farrow que l'on reverra dans "Purple Rose Of Cairo".
"Zelig" a certainement eu une influence sur le "Forrest Gump " de Robert Zemeckis.
Posté le 14.12.2006 par Pascal Schlaefli
chez Woody Allen il y a ce que l'on appelle les films majeurs ("Annie Hall", "Manhattan", "Purple Rose Of Cairo" ou "Match Point" plus récemment), et les films mineurs qui ont généralement un charme à part, et dont la qualité reste largement supérieure à la production cinématographique actuelle.
situé entre "Zelig" et "Purple Rose Of Cairo", deux films majeurs, "Broadway Danny Rose", comédie à petit budget tournée en noir et blanc, fait partie des petits bijoux qui parsèment la filmographie de Woody Allen.
BROADWAY DANNY ROSE
réalisé par : Woody Allen
écrit par : Woody Allen
CAST :
Woody Allen (Danny Rose)
Mia Farrow (Tina)
Nick Apollo Forte (Lou Canova)
et dans leur propre rôles :
Sandy Baron
Corbett Monica
Jackie Gayle
Morty Gunty
Will Jordan
Howard Storm
Jack Rollins (l'un des managers/producteurs de Woody Allen)
Milton Berle
HISTOIRE :
Danny Rose est un petit agent artistique dont les artistes sont parmi les plus mauvais de New York, à part peut-être Lou Canova, un chanteur italien, obèse, alcoolique et has-been.
or Lou Canova commence à refaire parler de lui et avant un spectacle qui doit lui servir d'audition devant Milton Berle, Lou envoie Danny chercher sa maîtresse, Tina, italienne survoltée, qui entraine Danny dans une aventure incroyable.
ils se retrouvent pourchassés par deux tueurs de la mafia cherchant à tuer Danny, passant à tort pour être le nouvel amoureux de Tina.
échappant aux tueurs, Danny et Tina rejoignent à temps Lou pour son triomphal come-back.
mais Lou et Tina ont déjà pris une décision capitale pour leur futur, et Danny n'en fait pas partie.
ANALYSE :
un excellent Woody Allen, encore un.
Mia Farrow se surpasse dans son rôle d'italienne hystérique.
Nick Apollo Forte a composé les deux chansons qu'il chante dans le film : "agita" et "my Bambina".
petite apparition d'Howard Cosell comme dans "Bananas" dans son propre rôle.
Danny Aiello apparait sans être crédité, mais je viens de revoir le film et j'avoue ne pas l'avoir remarqué.
Posté le 20.12.2006 par Pascal Schlaefli
pendant la 2e partie des années 80, Woody Allen prend ses distances avec son métier d'acteur.
"Purple Rose Of Cairo" est d'ailleurs son premier film à obtenir un énorme succès populaire sans qu'il apparaisse, ce qui en dit long sur la reconnaissance publique de son talent d'auteur et de réalisateur.
Woody Allen n'apparaît désormais plus que comme second rôle ("Hannah & Her Sisters") ou comme voix off ("Radio Days") ou même plus du tout ("September" et "Another Woman") jusqu'en 1989 et "Crimes And Misdemeanours".
PURPLE ROSE OF CAIRO
(titre français : La Rose Pourpre Du Caire)
réalisé par : Woody Allen
écrit par : Woody Allen
CAST :
Mia Farrow (Cecilia)
Jeff Daniels (Gil Shepherd-Tom Baxter)
Danny Aiello (Monk)
Stephanie Farrow (la soeur de Cecilia)
Dianne Wiest (Emma)
HISTOIRE :
début des années 30 dans le New Jersey.
Cecilia est une jeune femme rêveuse et naïve, travaillant comme serveuse, et supportant son mari, Monk, chômeur, bon à rien, alcoolique et violent.
son seul bonheur, elle le trouve au cinéma, où elle se perd dans des histoires romantiques qui la font rêver.
au cinéma Jewell, elle découvre bientôt un nouveau film : "Purple Rose Of Cairo", avec Gil Shepherd dans le rôle de l'archéologue Tom Baxter, dont elle tombe bientôt amoureuse.
malheureusement la réalité est beaucoup moins rose, elle perd son emploi, et après avoir découvert que son mari la trompe, tente de le quitter, mais en vain.
sa seule possibilité d'évasion reste le cinéma où elle va voir et revoir "Purple Rose Of Cairo".
au bout de la 5e fois, l'impossible arrive. Tom Baxter, touché par le regard de la jeune femme, sort de l'écran et s'enfuit avec elle, créant le chaos dans la salle et sur l'écran.
avec Cecilia, Baxter découvre les réalités de la vie, mais les producteurs du film paniquent à l'idée que d'autres Tom Baxter s'échappent et causent des dégâts.
l'acteur, Gil Shepherd débarque dans la petite ville afin de convaincre sa création de rentrer dans le film, ce que ce dernier refuse.
Shepherd joue alors avec les sentiments de Cecilia, lui avouant son amour et insistant sur le fait que Tom Baxter n'est pas réel.
devant ces deux hommes apparemment semblables, Cecila doit faire un choix difficile : la réalité ou la fiction?
ANALYSE :
un chef-d'oeuvre qui d'ailleurs est l'un des préférés de Woody Allen.
Woody Allen célèbre ici le cinéma et son incroyable pouvoir d'évasion.
ce film est également un hommage aux années 30 (comme pour "Zelig" ou "Radio Days") et au décor de son enfance dont le cinéma et le parc d'attractions qui devaient être détruits peu après le tournage.
première apparition de l'actrice Dianne Wiest que j'adore.
Mia Farrow est vraiment exceptionnelle dans ce film qu'elle porte presque seule.
Posté le 26.12.2006 par Pascal Schlaefli
en 1986, sortie d'un autre recueil de textes : "Lunatic's Tale".
mais cette année est surtout marquée par la sortie d'un autre chef-d'oeuvre de Woody Allen "Hannah & Her Sisters" qui révèle le talent extraordinaire de la non moins extraordinaire Dianne Wiest, et servi par un cast de rêve.
HANNAH & HER SISTERS
(titre français : Hannah & Ses Soeurs)
réalisé par : Woody Allen
écrit par : Woody Allen
CAST :
Mia Farrow (Hannah)
Barbara Hershey (Lee)
Dianne Wiest (Holly)
Woody Allen (Mickey)
Michael Caine (Elliott)
Max Von Sydow (Frederick)
Carrie Fisher (April)
Maureen O'Sullivan (Norma)
Lloyd Nolan (Evan)
Daniel Stern (Dusty)
Julie Kavner (Gail)
Joanna Gleason (Carol)
Julia Louis-Dreyfus (Mary)
John Turturro (writer)
et non-crédités :
Soon-Yi Previn (fille d'Hannah)
Tony Roberts (Norman)
Sam Waterston (David)
HISTOIRE :
Hannah est une actrice/femme/mère de famille parfaite et le pivot central de la famille sur lequel tout le monde compte.
elle est mariée à un comptable, Elliott qui n'est pas indifférent au charme de sa soeur Lee.
Lee vit avec un peintre misanthrope, Frederick, mais tombe sous le charme d'Elliott et les deux amants vont vivre une relation adultère inconfortable, car adorant Hannah, ils ne supportent pas l'idée de lui faire du mal.
la 3e soeur Holly se cherche : tour à tour traiteur, actrice, chanteuse ou écrivain, Holly ne trouve pas sa voie et doit compter sur Hannah pour subsister, d'autant plus que sa meilleure amie, April semble systématiquement réussir là où elle échoue.
le premier mari d'Hannah, Mickey, travaille pour la télévision. hypocondriaque ultime, il va chercher à travers la religion un sens à sa vie.
ANALYSE :
un très grand film, une comédie de moeurs, style que Woody Allen maîtrise par-dessus tout, raconté en voix off par les 4 personnages principaux : Elliott, Lee, Holly et Mickey et se déroulant sur une période d'une année, d'un repas de thanksgiving à l'autre.
un style assez proche de celui d'"Everyone Says I Love You" .
Mia Farrow est un peu plus effacée dans ce film. il est vrai que le personnage d'Hannah est très proche de ce qu'elle est dans la vie : les enfants qui apparaissent dans ce film sont ses propres enfants adoptifs et la mère d'Hannah est interprétée par sa propre mère, l'actrice Maureen O'Sullivan (Jane dans la série des "Tarzan" avec Johnny Weissmuller).
Woody Allen (Mickey) sert de ressort comique au film, qui doit énormément aux talentueuses Barbara Hershey et Dianne Wiest.
à l'époque de la sortie, la publicité du film insistait beaucoup sur le fait que Carrie Fisher (la princesse Leia dans la trilogie "Star Wars") joue dans le film, son nom apparaissait même en haut de l'affiche à la place de Dianne Wiest. Or son rôle n'est pas des plus marquants, loin de là.
connexions avec les Marx Brothers : Mickey va voir "Duck Soup" au cinéma, quant à Maureen O'Sullivan, elle jouait Judy dans "A Day At The Races".
première apparition de Julie Kavner que l'on retrouvera dans "Radio Days".
on retrouvera Sam Waterston dans un rôle un peu plus conséquent dans "September".