lorsque les Marx Brothers tournent leur premier film, en 1929, ils ont déjà 20 ans de carrière.
ils ont tous une quarantaine d'années, sont mariés avec des enfants et il est plus que probable que leurs meilleures prestations, ils les aient donnés sur les planches.
il est temps de présenter les Marx Brothers et tenter d'expliquer pourquoi on (je) les aime.
Groucho est le premier Marx auquel je me soie attaché.
quand on aime Woody Allen comme moi on ne peut pas passer à côté de l'envie de découvrir celui qui fut un modèle pour lui.
c'est son humour, extrêmement moderne, ses petites phrases assassines, son ironie qui plaisent encore et toujours, et séduisent un public jeune comme vieux.
son humour décapant fera les beaux jours de la TV américaine dans les années 40 et 50 lorsqu'il présentera un jeu télévisé "you bet your life" .
à une candidate qui lui déclara qu'elle était une mère de famille avec les pieds bien sur terre, il répondit "ce n'est pas en gardant les pieds sur terre que l'on devient mère de famille".
le 2e frêre Marx qui m'a touché ensuite c'est Harpo.
à l'inverse de Groucho, son humour à lui est entièrement physique, ce que les américains appellent le slapstick.
muet par choix, il est un pierrot lunaire, adorable et terriblement émouvant, mais peut aussi être le sale gosse du quartier et sème toujours le désordre là où il passe.
mais quand Harpo joue de la harpe, alors là, on passe dans la 4e dimension.
Harpo a apris à en jouer auprès de sa grand-mère, Fanny, mais s'est surtout débrouillé pour apprendre seul.
bien des années plus tard, au faîte de sa gloire, il fit venir un prof de harpe chez lui afin d'apprendre à en jouer correctement. celui-ci refusa catégoriquement et passa le plus clair de son temps a regarder Harpo en jouer et prendre des notes.
lorsque Harpo joue, pardonnez-moi d'être un peu mélodramatique, il est "ailleurs" et il réussit chaque fois à m'emmèner avec lui.
j'ai horreur des passages musicaux des vieux films généralement ennuyeux à mourir, tout comme dans les films des Marx, sauf quand c'est Harpo et Chico.
quand Chico fait courir ses doigts sur le clavier, je retombe en enfance et je reste fasciné et émerveillé par ses trouvailles comiques et ses airs entrainants.
son comique vient aussi des dialogues délirants avec Groucho, et son faux accent italo-américain me fait toujours hurler de rire.
Zeppo.........euhhhh, zut, le Zeppo....ben en fait il ne sert pas à grand-chose.
il est à la fois un straight man dont on se serait bien passé et peut jouer à l'amoureux transi, mais ne possède ni charisme ni réel talent. (désolé pour les fans de Zeppo si il y en a).
lorsque les Marx Brothers ne seront plus que trois, ils trouveront en Allan Jones un straight-man beaucoup plus charismatique, doublé d'un excellent chanteur.
on ne peut pas parler des Marx sans parler de celle qui sera leur tête de turc pendant plusieurs années, Margaret Dumont, l'éternelle riche veuve, systématiquement pourchassée par Groucho, et malmenée par les frêres.
elle se plaindra plus tard des Marx, déclarant ne pas apprècier leur humour et ayant réellement souffert de leurs mauvais traitements.
soyons francs, sans les Marx Brothers, pas de Margaret Dumont c'est clair et net.
et puis on se réjouit toujours un peu des moments où cette bonne dame se fait un peu bousculer (voir "a day at the races" où ils s'en sont vraiment donné à coeur joie.)
THE COCOANUTS.
réalisateurs : Robert Florey et Joseph Santley
auteurs : Morrie Ryskind et George S. Kauffman
CAST :
Groucho Marx (Mr. Hammer)
Harpo Marx (Harpo)
Chico Marx (Chico)
Zeppo Marx (Jamison, il doit avoir deux répliques dans le film style "yes mr Hammer")
Margaret Dumont (Mrs. Potter)
Mary Eaton (Polly Potter)
Oscar Shaw (Bob Adams)
Kay Francis (Penelope)
Cyril Ring (Yates)
Basil Ruysdel (Hennessy)
L'HISTOIRE :
Mrs Potter et sa fille Polly passent un week end à l'hotel Cocoanut managé par Mr. Hammer.
Polly veut se marier avec Bob Adams, mais les fourbes Penelope et Yates vont voler le collier de Mrs. Potter et faire accuser Bob, afin que ce soit Yates qui épouse Polly.
bien évidemment c'est sans compter avec les Marx.
ANALYSE :
sans conteste, c'est l'un des plus mauvais films des Marx Brothers.
filmé au studio Astoria de Long Island et réalisé par Robert Florey, un français qui ne comprenait que très peu l'anglais et qui n'appréciait pas l'humour des Marx.
Groucho déclarera en parlant de ces deux réalisateurs : Florey ne comprenait pas l'anglais et Santley ne comprenait pas la comédie.
diriger les Marx Brothers était une véritable corvée pour les réalisateurs, peu disciplinés, il en manquait toujours un, occupé à chasser la galinette cendrée dans les coulisses ou à taper le carton.
on raconte même que Chico pendant un tournage s'absenta pour aller faire une partie de poker dans un bar, pendant que toute l'équipe le cherchait en vain dans le studio.
Florey fut secondé pour les moments musicaux par un habitué des comédies musicales, Joseph Santley, et il faut bien reconnaitre que les parties musicales, ballets ou chansons n'ont rien d'extraordinaire et sont même terriblement ennuyeuses.
l'image ensuite passe du passable (pour un film datant quand-même de 1929) au franchement mauvais.
et je parle ici de la version remastérisée sortie en 2004, où la qualité change même pendant les scènes avec des cadrages différents.
le personnage de Bob Adams est très mal casté avec un Oscar Shaw tout sauf crédible dans son rôle d'aventurier romantique, coincé dans ses costumes trois pièces et ses cheveux gominés.
et puis n'oublions pas, le décor en carton pâte, les cocotiers en deux dimensions et également en carton, l'horizon dessiné sur une toile, tout cela donne un aspect cheap au film qui méritait mieux.
heureusement il y a l'humour des Marx toujours présents, le piano, la harpe et les dialogues toujours aussi savoureux.
quelques phrases cultes :
(les employés de l'hotel)-we want our money!!
(Groucho)-you want your money?
(les employés)-we wanna get paid!!
(Groucho)-oh! you want my money!! is that fair? do I want your money?
plus loin
(Groucho)-money will never make you happy and happy will never make you money!
(Chico à Harpo)-I do anything for money. I'd kill somebody for money. I'd kill you for money.......oh no! you're my friend! I kill you for nothing!
(Chico se mets au piano, quelqu'un demande)-senior Pastrami, what is the first number?
(Chico)-number one!